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Mon bistrot sur le net, vie d'une mère 2.0, découvertes, étonnements, irritations, mots et images

Fadma’s flag. Acrylique aquarellée et technique mixte sur carton.

01/09/2010 admin un commentaire

Une peinture faite pendant le séjour revigorant, en tout cas pour nous, de notre souriante amie Fadma.

Cette idée me trottait dans la tête depuis plusieurs jours,  née du trouble provoqué en moi par un petit papillon Lilas croisé au détour d’un chemin et de mon envie de parodier un tableau de Damien Hirst.

Haïku de fin d’été

papillon Lilas acrylique aquarelléeAiles de soie Lilas
Ce papillon crépuscule
Dit la fin de l’été

Lilac wings flutter
A small twilight butterfly
Whispers Summer’s end

Illustration friday, atmosphere, atmosphère

carte postale de Porquerolles, technique mixte“For me, a landscape does not exist in its own right, since its appearance changes at every moment; but the surrounding atmosphere brings it to life – the light and the air which vary continually. For me, it is only the surrounding atmosphere which gives subjects their true value.” ~ Claude Monet


Rester, rester toujours, poème inspiré de mes angoisses, d’un homme immobile et d’Ithaque de Constantin Cavafy

27/07/2010 admin un commentaire

Quelqu’un m’a fait découvrir un superbe poème, Ithaque de Constantin Cavafy. Quelques jours après, je faisais mes valises. Cette activité réveille et agite en moi de nombreuses angoisses et s’accomplit dans la douleur.   »Partir c’est mourir un peu »  trotte à toute vitesse dans ma tête.

Mais cette fois, les mots de Cavafy ont fait venir à ma mémoire le souvenir de l’homme immobile, celui que mon mari, en visite trente ans après, dans un département d’université où il avait travaillé - déjà estomaqué que les locaux n’aient pas changé le moins du monde - a retrouvé dans le même bureau,  assis devant le même meuble occupant le même poste.

Peinture, technique mixte, flottant au fil du tempsPartir, c’est mourir un peu.
Mais rester, rester toujours…
Crois-tu que cela se peut ?
Un même pays tous les jours,
Les mots, les gestes en rengaine,
Les pas dans les pas remis.
Une vie prévue de fourmi,
Tracée au fil des semaines.
Tant creuser le même sillon
Qu’il en devient tombe !
Savoir lorsque la nuit tombe
Où chanteront les grillons.
Jamais le vent dans les voiles,
Jamais les amarres larguées,
Jamais sur la mer voguer,
Jamais la route des étoiles.
Dos tourné à l’horizon,
Se satisfaire du connu,
Dire l’ailleurs malvenu,
Clos dans sa propre prison.

Staying, always staying, a poem inspired by Cavafy’s Ithaca, my anxieties and the immobile man. 

I discovered recently a magnificent poem by Constantin Cavafy, Ithaca, thanks to @Paulo Cruz. A few days after I was preparing my suitcase. This activity wakes up and agitates lots of anxieties. 

But this time, Cavafy’s words brought to my mind the memory of the immobile man.My husband met that man, while visiting a place where he worked thirty years ago and already stunned by the fact that nothing has changed there, in the same office, at the same desk, occupying the same post. 

Leaving is a small death. 
But staying, always staying… 
Is beyond your imagining. 
The same land till last breath 
Life as a merry-go-round. 
A one and only short track. 
A still landscape in the back 
And no suprise to be found. 
The furrow ploughed so deeply 
That it turns into a tomb ! 
Not truly out of the womb. 
No dare, no risk, no folly. 
Never the sails by wind filled. 
Never dream too strong and bright. 
Never the moore left behind. 
Horizon’sight a distress. 
Somewhere else, forbidden noun. 
Eyes wide shut to the unknown. 
Locked tight in one’s own fortress.

Haïkus, des règles et des haïkus de printemps

22/07/2010 admin 4 commentaires

Le haïku est un petit poème japonais qui obéit à des règles très précises.
Il est composé de trois vers de 5, 7 et 5 syllabes.
Il parle du temps qui passe et doit contenir un mot qui évoque les saisons.

haïku de printemps haïku de printemps
haïku cerisiers en fleurs

Des rêves et des jardins…

Au hameau des ossements, nous avions laissé à l’abandon la plus grande partie du jardin.  Et puis, après avoir redécouvert l’est et le soleil levant, nous avons eu envie d’aller voir au sud.

Nous voici nantis d’une petite terrasse en plein soleil à l’entrée d’un jardin en L,  la tête en bas. En L et en bien triste état.  Après dix ans de négligences, il s’est vengé : une haie de thuyas morts ou moribonds qu’il a fallu arracher, une pelouse mitée et envahie de mauvaises herbes, une haie vive dont tous les arbustes sont affaiblis par l’absence de taille et les envahisseurs, une pelouse mitée par endroit et envahie de mauvaises herbes à d’autres. La terrasse ayant pris la place de mon potager, j’ai aussi du aller planter mes salades ailleurs.

J’avais dessiné un plan structuré, prévu un aménagement  chic avec des petites bordures d’osier comme dans les magazines, j’avais en tête un rêve de jardin, pensé, élaboré, un jardin qui aurait raconté une histoire sophistiquée et construite.

Comme d’habitude dans ma vie de jardinière, tout m’a échappé. Pourtant, c’est bien moi qui bêche, sème, charrie des cailloux et de la terre, plante, arrache les mauvaises herbes…

Mais mon jardin est habité par des esprits malicieux et je ne suis pas la narratrice d’un récit. Mon jardin parle tout seul, des petites histoires décousues et peu cohérentes. Il raconte des souvenirs, ceux du hameau, ceux des jardins pas très chics de nos grand-parents. Il raconte aussi la terre de la région qui chérit plus les céréales, les roses et les tomates que les salades.

Mon jardin n’est pas un jardin de rêve, mais un jardin fait de rêves, cette matière décousue, fugitive et floue.

Et d’ailleurs, en nettoyant ce jardin, j’ai trouvé un petit coin magique qui attendait d’être découvert, un arbre qui forme une cabane naturelle et dans laquelle un petit garçon s’est aussitôt installé pour rêver.

La cabane dans l'arbre

La force de la pensée

Elles se sont semées toute seules et elles ont poussé dans une petite rainure qui ne contient quasiment pas de terre. Ce sont de jolies petites pensées….

pensées

Mama don’t touch : 2 petits tableaux en hommage à Louise Bourgeois ; tribute to Louise Bourgeois, two small paintings

13/07/2010 admin 2 commentaires

A bicyclette, vers le sud et en haïku

Départ à bicyclette derrière les maïsHier, nous avons reçu pour un pique-nique vespéral dans notre jardin en pleine reconstruction, un groupe d’amis que nous n’avions pas vu depuis longtemps ainsi que des amis de ceux-ci. Ils étaient accompagnés de certains de leurs enfants.

Ils ont mangé à l’ombre des arbres avant de se lancer dans le projet dont notre maison était la première étape : un relais à bicyclette. Ils vont rejoindre Lyon par les routes de traverse.

Les premiers à s’élancer étaient les plus jeunes, suivis quelques minutes plus tard par les autres membres de l’équipe dans leur voiture.

J’ai fini par comprendre le fonctionnement de la course. Chaque équipe pédale 6 heures et parcourt 60 kilomètres en se relayant à leur guise.

Deux jeunes garçons roulent
A travers champs vers le Sud
Dans le tout jeune soir

Two young boys on bike
Through the fields towards the south
In the young evening

Les relais suivants sont partis plus tard et ont pu profiter d’un superbe coucher de soleil.

coucher de soleil wahou

Le drôle de petit vélo de la créativité, mon hommage à Louise Bourgeois

memento mori pour alexander mac queenIl y a quelques jours Louise Bourgeois est morte. Certaines de ses oeuvres, sa vie, sa façon sublime de vieillir… J’aurais tant aimé la rencontrer.

J’ai joué quelques jours avec l’idée d’un tribu, quelque chose dans le genre de ce que j’ai créé si spontanément pour Alexander Mac Queen. Mais rien ne se dessinait. Alors j’ai oublié. En plus,  depuis quelques jours, je me sentais totalement « out of focus » en matière de peinture, ce qui me rendait un peu cafardeuse.

Avant-hier, j’ai discuté araignées sur Buzz.  Et je me suis souvenue de cette araignée dans le Turbine hall de la Tate modern, il y a dix ans.

araignée de Louise Bourgeois dans le turbine hall

Elle m’avait d’autant plus marqué que c’était ma première visite de ce qui était devenu instantanémant un de mes musées préférés. Et le fantôme de Louise Bourgeois a guidé ma main pour un petit croquis à l’arrache d’un projet. J’étais bien trop fatiguée pour commencer quoi que ce soit même fouiller dans mes papiers ou sur le net pour trouver quelques images.

Au petit matin, avant que la chaleur, les oiseaux ne me sortent totalement du sommeil, le premier projet de tableau en a engendré un autre, son négatif, si l’on peut dire.

Faute de supports appropriés, je n’ai pas pu me mettre au travail tout de suite.  J’ai juste pu chercher des images et j’ai réalisé que pour mon deuxième projet devait beaucoup à d’autres oeuvres de Louise Bourgeois vues il y a Beaubourg à l’occasion de l’exposition elles@centrepompidou.

Des mains par Louise Bourgeois extreme tension louise bourgeois

J’ai du encore attendre l’heure d’ouverture de Sennelier. Enfin, j’ai pu commencer … par la fin comme lorsque je fais un repas ce qui me vaut de ne rien avoir à servir lorsque mes convives arrivent si je suis en retard !

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