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The new mysteries of Paris, episode 3, out of the game, Les nouveaux mystères de Paris, épisode 3, hors du jeu.

Version française et liens vers épisodes et livre précédents en bas, links to preceding episodes and book at the bottom.

It was twenty past eight in the evening. A heavy silence was reigning in the lounge of « l’Hôtel Particulier ».

Victoire d’Apremont, her brother Norbert and their mother shared the property of the Hôtel d’Apremont, a nice private mansion nicely situated in Saint Germain des prés. Their mother occupied half of it and the other half was rented to a company. The old misses d’Apremont, full of rage and indignation because of Norbert short stay in Prison and Victoire’s divorce plus their absolute lack of repent, had declared she did not want to see them anymore and moved to Nice. They could do what they want with the house. In the same time, the company gave its leave. Victoire, with the approval of Norbert, had transformed two thirds of the place in a concept hotel. The remaining third had been divided in two big flats, one for her, one for Norbert and two tiny ones for friends and family.

The photo exhibition was the second artistic event organized by Victoire. It was named « to be discovered ». Indeed, the choice of a name had proved appropriate. The photos of  one of the participants, Mister Zombie, were now in her office in the company of four police officers. Three colleagues had joined Julien Drouet in the hotel at seven thirty. Victoire had been questionned for ten minutes. It was now the turn of Regis Dubreuil and it lasted.

Isolde broke the silence:
– I’m hungry. When do we eat?
Mehdi shrugged. Like her, he was a guest and had no control of the situation.
Norbert did not move. He was slumped in an armchair lost in obviously very dark thoughts.
Victoire asked the barman to serve drinks to her guests.

Isolde took out her phone. She texted her best friend Pauline who was in England for the month:
-Hi Pold. I’m at Victoire’s posh hotel. Dying from hunger and boredom. An yo?
– Hi Sol, I ate but twas yucky yuck. Bottom of boredom. In the english desert.
– Here, already the big bazar. Stolen photos an the ripper of Paris. But not fun.  They leave me out of the game.
– Here, tis the country. A farm. Fields, fields, fields an meadows, meadows, meadows. Nothing happen xcept the animals make racket and filth.
Mehdi’s irritation was growing. The idea of a Parisian guide was born in December last year during a conversation between Norbert and Isolde. She wanted to go to London to study communication and needed to glamourize her CV to be accepted in the university of her choice. In one week, they had sketched the project, enroll Regis and, last but not least, found a publisher. Isolde had decided that Mehdi, as her boy-friend and a true Parisian, should climb on board. Of course, his mother has applauded with enthusiasm.  No beach in August for him, but the company of  his bitchy girlfriend who preferred messaging Pol than talking to him and of this overboring highbrow of Norbert. Hopefully Regis was fun.

Regis, who precisely, was coming out of the office, obviously stunned.
– Wow, they grilled me as if I was the ripper hisself!
Victoire d’Apremont reacted immediately.
– Oh, my poor Regis, I am so so sorry. I’ve put you in such a disagreable situation. What can I do for you?
Regis was so dazzled by his confrontation with the four officers that he overcame the awe that usually paralysed him in front of Victoire.
– I’d do with a comforting little beer. I’d do. Wow. Tough guys. Tough. Even Julien. He turned stone tough.

Victoire went to the bar. She drew the beer herself. Two glasses. She  and sat next to Regis after having given him his beer. And she took a good sip of the second glass.
Norbert arose from his torpor.
– But Victoire, You are drinking beer!

Aliouta Mansour entered the lounge and greeted everybody.
Norbert arose from his sit:
– Ha, Aliouta, at least! Aliouta, you must save us.

Isolde’s mobile rang. Her father wanted to know how things were going. She answered very distinctly:
– Fine, a bit boring, but fine. No, I have nothing special to tell you. Bye dad.

 

Il était vingt heures vingt. Un lourd silence régnait dans le salon de l’Hôtel Particulier ».

Victoire d’Apremont, son frère Norbert et leur mère partageaint la propriété de l’Hôtel d’Apremont, un bel hôtel particulier bien situé à Saint-Germain des prés. Leur mère en occupaient la moitié et l’autre moité étaient louée à une entreprise. La viellie madame d’Arpemont, pleine de rage et d’indignation à cause du bref séjour en prison de Norbert et du divorce de Victoire ajouté à leur absolue absence de repentir, avait déclaré quelle ne voulait plus jamais les voir et avait déménagé pour Nice. Ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient avec la maison. Dans le même temps, l’entrepise avait donné son congé. Victoire, avec l’accord de Norbert avait transformé les deux tiers de la bâtisse en un concept hôtel. Le tiers restant avait été divisé en deux grands appartements, un pour elle, un pour Norbert et deux petits, pour les amis et la famille.

L’exposition de photographies était le deuxième évènement artistique organisé par Victoire. Elle s’appelait « à découvrir ». Le choix du nom s’était avéré approprié. Les photos d’un des participants, Mister Zombie, était mainteant dans son bureau en compagnie de quatre officiers de police. Trois collègues avaient rejoint Julien Drouet à l’hôtel à sept heures et demi. Victoire avait été interrogée pendant dix minutes. C’était maintenant le tour de Régis Dubreuil et ça durait.

Isolde brisa le silence:
– J’ai faim. Quand est-ce qu’on mange.
Mehdi haussa les épaules. Comme elle, il était un invité et n’avait aucun contrôle de la situation.
Norbert ne bougea pas. Il était affalé dans un fauteuil manifestement perdu dans des pensées très sombres.
Victoire demanda au barman de servir des boissons à ses hôtes.

Isolde sortit son téléphone. Elle envoya un sms à son ami Pauline qui était en Angleterre pour le mois:
– Salut Pol, Je suis dans l’hôtel posh de Victoire. Je meurs de faim et d’ennui. Et toi?
– Salut Sol, j’ai mangé mais c’était dégue. Je m’emmerde à mort dans le désert anglais.
– Ici, c’est déjà le big bazar. Photos volées et éventreur de Paris. Mais c’est pas drôle. On est sur la touche.
– Ici, c’est la brousse. Une ferme. Des  champs, des champs et des prés, des prés, des prés Rien ne se passe sauf les animaux qui font du boucan et des saletés.
L’irritation de Mehdi croissait. L’idée d’un guide sur Paris était née en décembre de l’année précédente lors d’une conversation entre Norbert et Isolde. Elle voulait aller à Londres étudier la communication et elle avait besoin de rendre son CV plus glamour pour être acceptée dans l’Université de son choix. En une semaine, ils avaient esquissé le projet, embauché Régis et, encore mieux, trouvé un éditeur. Isolde avait décidé que Mehdi, en tnat que petit ami et vrai parisien, devait grimper à bord. Bien sûr, sa mère avait applaudi avec enthousiasme. Pas de plage pour lui en août, mais la compagnie de sa petite amie qui préférait envoyer des sms à Pol que lui parler et de ce super rasoir intello de Norbert. Heureusement que Régis était fun.

Régis qui sortait justement du bureau, manifestement sonné.
– la vache, m’ont cuisiné comme si c’était moi l’éventreur.
Victoire d’Apremont réagit aussitôt:
– Oh, mon pauvre Régis, je suis désolée. Je vous ai mis dans cette situation désagréable. Que puis-je pour vous?
Régis était si perturbé par sa confrontation avec les quatre officiers qu’il surmonta la timidité qui, d’ordinaire, le paralysait en face de Victoire:
– Je me descendrais bien une petite bière. Sûr. La vache. Des durs. Même Julien. Il est devenu dur comme une pierre.

Victoire se dirigea vers le bar. Elle tira la bière elle même. Deux verres. Elle s’assit à côté de Régis après lui avoir donné sa bière. Et elle but une grande gorgée du second verre.
Norbert se réveilla de sa torpeur.
– Mais Victoire, tu bois de la bière!

Aliouta Mansour entra dans le salon et salua tout le monde.
Norbert se leva de son siège.
– Ha Aliouta, enfin. Aliouta, vous devez nous sauver.

Le mobile d’Isolde sonna. Son père voulait savoir  comment ça allait. Elle répondit bien haut;
– Bien, un peu ennuyeux, mais bien. Non, je n’ai rien de spécial à te dire. Au-revoir papa.

 Links to preceding episodes and books. Liens vers épisodes précédents et livres.

 

The new mysteries of Paris, episode 2, meaningful photos – Les nouveaux mystères de Paris, épisode 2, photos révélatrices

La version française est à la suite de la version anglaise. First episode, stolen photos . Premier épisode, photos volées.

This is the follow-up of the mystery novel If music be the food of crime

Norbert took his mobile phone out of his pocket and gave it to Regis. He had much progressed since the  big bazar. He had now a mobile phone. He only had to learn how to use it.
– Please, call Aliouta Mansour. She put her phone number in that machine.
Regis shrugged:
– Norbert, You must get craking!
– Regis, it is not the appropriate moment!
– Ok, give!

The discussion was complicated. Norbert, more and more nervous, spoke more and more obscurely, using circomlocutions and abstruse words. Aliouta was unable to have him explain clearly what was tormenting him but felt his anguish.
Aliouta was at Borne. She had just finished her workday and was to go to Paris for the week-end. She would join Norbert at the hotel later on. In the meantime, she would call Julien Drouet He was now working in Paris and may arrive before her.
The two young police lieutnants had a debt toward Norbert d’Apremont. It was partly thanks to his remarks that they solved the Orchestre Symphonique de Médianie affair. The remarks had in a first time sent him to jail.

Victoire d’Apremont came back in the lounge.
– So. We will have to unhook the photos of that Mister Zombie. Can you imagine? He indeed stole them. You’re right Regis. How stupid and ridiculous! He tried to cloud the issue using technical mumbo-jumbo but he could not get me like that. Can you help  me Regis, please.

Regis and Victoire were discussing the reorganization of the exhibition and Norbert was slumped in an armchair, nervously twisting his hands when Julien Drouet arrived. He was accompanied by Isolde Leprince and Mehdi Khouri. The two young people were to spend August in Paris. With Norbert and Regis, they were to write a guide: My Zesty Paris. Norbert was in charge of the knowledge, Regis of the photos, Isolde and Mehdi of the zest.

Norbert took Julien Drouet to Victoire’s office where the stolen photos had been put away. Victoire and Regis went on with their reorganizing and Isolde and Mehdi crept discreetly to the office’s door to listen. They had hinted something interesting would happen there.

Julien Drouet was not troubled by the set of photos Norbert was showing him and commenting:
– Look, this one is petite ceinture, this is Cité Universitaire, this is Poterne des peupliers, this alludes to rue des Glycines, this is Parc Montsouris and this is Stade Charléty.
– So, that guy was  obssessed by the ripper of South Paris and has done a series of the places where the corpses have been found. He is not the only one to be hooked by the story.
– Not only.  Regis told me that he saw the photos under the name of the true photograph on William’s ipad. William got very angry about it which was utterly out of his habit and a few days afterwards died of cyanide poisoning. You must help me. I do not want my sister to be involved in such a story.
– You know, it really can be a coincidence.

Julien saw an other pile of photos. He spread them and interjected:
– Fuck, no, you’re right, can’t be a coincidence. Can’t be.

Isolde stopped hiding, stepped forward and said:
– And that’s that, it’s as in the orchestra. I arrive and the big mess begins….  Norbert, I’m really sorry. Sure, my dad will kill me this time.

 

Norbert sortit son mobile de sa poche et le tendit à Régis. Il avait beaucoup progressé depuis le big bazar. Il possédait maintenant un téléphone portable. Il lui fallait encore apprendre à s’en servir.
– S’il te plait, appelle Aliouta. Elle a mis son numéro dans la machine.
Regis haussa les épaules.
– Norbert, va falloir t’y mettre.
– Ce n’est pas le moment
-Ok, donne.

La discussion fut compliquée. Norbert, de plus en plus nerveux, parlait de moins en moins clairement, il utilisait des périphrases et des mots abscons. Aliouta fut incapable de lui faire dire ce qui le tourmentait, mais elle sentit son angoisse.
Aliouta était à Borne. Elle venait de finir sa journée de travail et s’apprêtait à partir à Paris pour le week-end. Elle retrouverait Norbert à l’hôtel plus tard. En attendant, elle allait appeler Julien Leprince. Il travaillait désormais à Paris. Les deux jeunes lieutenants de police avaient une dette envers Norbert d’Apremon. C’est en partie grâce à ses remarques qu’ils avaient résolu l’affaire de l’Orchestre Symphonique de Médianie. Remarques qui, dans un premier temps, l’avaient expédié en prison.

Victoire d’Apremont revint dans le salon.
– Bon, il va falloir les décrocher les photos de ce Mister Zombie. Je n’en reviens pas, il les a bien volées! Vous aviez raison Regis. Quel aplomb et quelle sottise. Il a essayé de m’embobiner en utilisant un jargon technologique mais je n’ai pas laissé faire. Pouvez-vous m’aider s’il vous plait Régis.

Régis et Victoire discutaient de la réorganisation de l’exposition et Norbert était affalé dans un fauteuil, se tordant nerveusement les mains lorsque Julien Drouet arriva. Il était accompagné d’Isolde Leprince et Mehdi Khouri. Les deux jeunes venaient passer le mois d’Aoput à Paris. Avec Norbert et Régis, ils allaient écrire un guide: Paris avec du peps. Norbert était en charge de la connaissance, Regis des photos, Isolde et Mehdi du peps.

Norbert conduisit Julien Drouet to Victoire’s office où les photos volées avaient été rangées. Victoire et Régis poursuivaient leur réorganisation. Isolde et Mehdi glissèrent discrètement vers la porte du bureau pour écouter. Ils se doutaient que quelque chose d’intéressant allait s’y passer.

Julien Drouet n’était pas troublé par le jeu de photos que Norbert lui montrait en les commentant:
– Regardez: , la petite ceinture, la cité Universitaire, la poterne des peupliers, une allusion à la rue des glycines, le parc Montsours et le stade Charléty.
– Ouais et alors. Le gars fait une petite fixette sur le tueur du Sud de Paris et il a fait une série de photos des endroits où les corps ont été trouvés. C’est pas le seul à être obsédé par cette histoire.
– S’il n’y avait que ça. Mais Regis m’a dit qu’il avait vu les photos sur l’Ipad de William. William a piqué une colère et ce n’était pas du tout son genre et quelques jours après, il meurt empoisonné au cyanure. Vous devez m’aider. Je ne veux pas que ma soeur soit mêlée à ce genre d’histoire.
– Vous savez, ça peut vraiment être une coïncidence.

Julien vit une autre pile de photos. Il les étala et s’exclama.
– Putain, non, vous avez raison, ça peut pas être une coïncidence. Pas possible.

Isolde cessa de se cacher, avança et dit:
– Et voilà, c’est comme à l’orchestre, j’arrive et c’est le grand bordel…. Norbert, je suis vraiment désolée. Sûr que mon père il va me tuer cette fois.

 

 

The new mysteries of Paris, episode 1, stolen photos – Les nouveaux mystères de Paris, épisode 1, photos volées

La version française est après la version anglaise

This is the follow-up of the mystery novel If music be the food of crime


– The swine, he stole the photos and he fucked them.
Norbert d’Apremont approached and asked:
– What do you mean?
– That prick, Mister Zombie, stole the pix and crapped them with his yucky signature.
Norbert was now very nervous. He began twisting his hands.
– What is this story of stolen photography? I would not want Victoire to have problems. I am sure her appalling husband would jump on the occasion to avenge himself.
Regis mimicked the priggish inflexions of Norbert and added an expletive of his own.
– Avenge! Fuck!

Victoire d’Apremont came back in the lounge of the concept hotel she had launched a few days ago.
– So, what do you think of our exhibition?
Every inches of  her hieratic stature looked aristocratic. Regis had spent his afternoon making photos in the “Jardin du Luxembourg”.  He noticed that Victoire bore a strong resemblance to some of the queens whose statues ornated the garden.
Regis answered eagerly.
– Tis good, tis real good, cxcept that swine who crapped Death Angel’s photos. Yucky ugly signature: Mister Zombie! An he stole the photos, for sure.
Norbert could not refrain himself.
– And Regis, and. How many times will I have to tell you?

Norbert d’Apremont and Regis Dubreuil had known each other for more than twenty-one years. They had ignored one another as much as possible for twenty years.  But since their employer, Orchestre symphonique de Médianie, had morphed in Country cultural center, things had changed.  A strange and powerful friendship had grown between them.  Regis’s appreciation of the aristocratic highbrow had shifted from boring to fascinating.  The fact that Norbert’s language was understandable since his brief stay in prison helped but was not the sole explanation.  And Norbert had discovered that the lazy and goofy stage manager had hidden talents: sketching and photographing especially. Cooking too.

Victoire remained composed:
– Norbert, stop nagging Regis. What do you mean Regis? I must unhook the photos is they are stolen and report to the police. But I need a proof; otherwise I’ll be in trouble with the artist. How do you know?
– Because I seen them on Will’s pad.
– Who is Will?
– William Lemaire, our buddy who was killed last year in the stage workshop. You remember?
– Of course I remember. He showed you the photos?
– No, I seen them an, only time, I seen him cross.  I came in the stage workshop. He was out an his Ipad was there. An on the screen a slideshow of the photos.  I love photo an they are quite good. So, I looked; an when he came in, he was a ballistic about private business an indiscretion. Twas strange, nothing gore or porn in the pix an twas the first time I seen Will turn agro. Yeah, I remember well an I remember the captions. They all said, Death Angel, Paris an a date.
– Well, I go and call the photographer. He may have changed his nickname.
– An crapped  his photos with an ugly signature…. I’d be surprised!
– I go in my office and call him. I will be back just after.

In her absence, the two men went on looking at the photos.  Norbert was examining Mister Zombie’s photos when he turned deadly pale and exclaimed:
– Oh my god! Oh my god! We must call the police!

 

Ceci est la suite du polar Si la musique est la nourriture du crime.

– Le goret, il a volé les photos et il les a salopées.
Norbert d’Apremont s’approcha et demanda:
– Que veux tu dire?
– Cet enfoiré, Mister Zombie, a piqué les photos et les a salopées avec sa signature dégueulasse.
Norbert était maintenant très nerveux. Il commença à se tordre les mains
– Mais qu’est ce que cette histoire de photographies volées? Je ne voudrais pas que Victoire ait des problèmes. Je suis certain que son répugnant mari sauterait sur l’occasion pour assouvir son désir de vengeance.
Régis imita le phrasé maniéré de Norbert et compléta par une interjection de son cru:
– Assouvir son désir de vengeance. Merde!

Victoire d’Apremont revint dans le salon du concept hôtel qu’elle venait de lancer quelques jours plus tôt.
– Alors que pensez-vous de l’exposition?
Chaque centimètre de sa stature hiératique avait l’air aristocratique. Regis avait passé l’après-midi à faire des photos dans le Jardin du Luxembourg. Il remarqua que Victoire ressemblait furieusement à certaines des reines dont les statues ornaient le parc.
Régis répondit avec enthousiasme.
– Cool, vraiment cool, sauf le goret qu’a salopé les photos d’Angel Death . Avec  sa signature merdique: Mister Zombie. Pis, il a piqué les photos, pas de doute.
Norbert ne put se retenir:
– Puis, Régis, c’est puis. Combien de fois faudra-t-il que je te le dise?

Norbet d’Apremont et Régis Dubreuil se connaissaient depuis plus de vingt et un ans. Ils s’étaient ignorés autant que possible pendant vingt ans. Mais depuis que leur employeur, l’Orchestre symphonique de Médianie, s’était métamorphosé en Centre culturel de Campagne, les choses avaient changé. Une étrange et puissante amitié était s’était développée entre eux. L’opinion de Régis sur l’aristocrate intellectuel était passé de rasoir à passionnant. Le fait que le langage de Norbert soit devenu intelligible depuis son bref séjour en prison avait aidé, mais ce n’était pas la seule explication. Et Norbert avait découvert que le régisseur paresseux et gaffeur possédaient des talents cachés: le dessin et la photographie notamment. La cuisine aussi.

Victoire était restée sereine:
– Norbert, arrête de harceler Régis. Que voulez vous dire Régis? Je dois décrocher les photos si elles sont volées et le signaler à la police. Mais j’ai besoin d’une preuve, sinon, j’aurais des problèmes avec l’artiste. Comment savez-vous que les photos sont volées?
– Parce que je les ai vues sur le pad de Will.
– Qui est Will?
– William Lemaire, notre pote qui a été tué dans la régie l’année dernière. Vous vous souvenez?
– Bien évidemment, je me souviens. Il vous a montré les photos?
– Non, je les ai vues, la seule fois qui s’est fâché. Je suis entré dans la régie. Il était pas là et y avait son Ipad. Et sur l’écran un diaporama des photos. J’adore la photo et elles étaient bien. Alors j’ai regardé et quand il est rentré, il a viré furax avec la vie privée et l’indiscrétion.  C’était bizarre pace qu’y avait rien de porno ou de gore et c’était la première fois que je le voyais gueuler. Ouais, je me souviens et je me souviens des légendes. Elle disait toutes, Death Angel, Paris et une date.
– Bon, je vais aller appeler le photographe. Il a peut-être changé de pseudo.
– Et salopé ses photos avec une signature immonde…. Ca m’étonnerait.
– Je vais dans mon office et je l’appelle. Je reviens juste aprèès.

En son absence, les deux hommes continuèrent de regarder les photos. Norbert  examinait les photos de Mister Zombie quand il pâlit et s’exclama:
– Oh mon Dieu! Oh mon Dieu! Nous devons appeller la police!