Archives de catégorie : Ma loft story, journal d’1 mère 2.0

Fadma’s flag. Acrylique aquarellée et technique mixte sur carton.

Une peinture faite pendant le séjour revigorant, en tout cas pour nous, de notre souriante amie Fadma.

Cette idée me trottait dans la tête depuis plusieurs jours,  née du trouble provoqué en moi par un petit papillon Lilas croisé au détour d’un chemin et de mon envie de parodier un tableau de Damien Hirst.

Rester, rester toujours, poème inspiré de mes angoisses, d’un homme immobile et d’Ithaque de Constantin Cavafy

Quelqu’un m’a fait découvrir un superbe poème, Ithaque de Constantin Cavafy. Quelques jours après, je faisais mes valises. Cette activité réveille et agite en moi de nombreuses angoisses et s’accomplit dans la douleur.  « Partir c’est mourir un peu »  trotte à toute vitesse dans ma tête.

Mais cette fois, les mots de Cavafy ont fait venir à ma mémoire le souvenir de l’homme immobile, celui que mon mari, en visite trente ans après, dans un département d’université où il avait travaillé – déjà estomaqué que les locaux n’aient pas changé le moins du monde – a retrouvé dans le même bureau,  assis devant le même meuble occupant le même poste.

Peinture, technique mixte, flottant au fil du tempsPartir, c’est mourir un peu.
Mais rester, rester toujours…
Crois-tu que cela se peut ?
Un même pays tous les jours,
Les mots, les gestes en rengaine,
Les pas dans les pas remis.
Une vie prévue de fourmi,
Tracée au fil des semaines.
Tant creuser le même sillon
Qu’il en devient tombe !
Savoir lorsque la nuit tombe
Où chanteront les grillons.
Jamais le vent dans les voiles,
Jamais les amarres larguées,
Jamais sur la mer voguer,
Jamais la route des étoiles.
Dos tourné à l’horizon,
Se satisfaire du connu,
Dire l’ailleurs malvenu,
Clos dans sa propre prison.

Staying, always staying, a poem inspired by Cavafy’s Ithaca, my anxieties and the immobile man. 

I discovered recently a magnificent poem by Constantin Cavafy, Ithaca, thanks to @Paulo Cruz. A few days after I was preparing my suitcase. This activity wakes up and agitates lots of anxieties. 

But this time, Cavafy’s words brought to my mind the memory of the immobile man.My husband met that man, while visiting a place where he worked thirty years ago and already stunned by the fact that nothing has changed there, in the same office, at the same desk, occupying the same post. 

Leaving is a small death. 
But staying, always staying… 
Is beyond your imagining. 
The same land till last breath 
Life as a merry-go-round. 
A one and only short track. 
A still landscape in the back 
And no suprise to be found. 
The furrow ploughed so deeply 
That it turns into a tomb ! 
Not truly out of the womb. 
No dare, no risk, no folly. 
Never the sails by wind filled. 
Never dream too strong and bright. 
Never the moore left behind. 
Horizon’sight a distress. 
Somewhere else, forbidden noun. 
Eyes wide shut to the unknown. 
Locked tight in one’s own fortress.

Le drôle de petit vélo de la créativité, mon hommage à Louise Bourgeois

memento mori pour alexander mac queenIl y a quelques jours Louise Bourgeois est morte. Certaines de ses oeuvres, sa vie, sa façon sublime de vieillir… J’aurais tant aimé la rencontrer.

J’ai joué quelques jours avec l’idée d’un tribu, quelque chose dans le genre de ce que j’ai créé si spontanément pour Alexander Mac Queen. Mais rien ne se dessinait. Alors j’ai oublié. En plus,  depuis quelques jours, je me sentais totalement « out of focus » en matière de peinture, ce qui me rendait un peu cafardeuse.

Avant-hier, j’ai discuté araignées sur Buzz.  Et je me suis souvenue de cette araignée dans le Turbine hall de la Tate modern, il y a dix ans.

araignée de Louise Bourgeois dans le turbine hall

Elle m’avait d’autant plus marqué que c’était ma première visite de ce qui était devenu instantanémant un de mes musées préférés. Et le fantôme de Louise Bourgeois a guidé ma main pour un petit croquis à l’arrache d’un projet. J’étais bien trop fatiguée pour commencer quoi que ce soit même fouiller dans mes papiers ou sur le net pour trouver quelques images.

Au petit matin, avant que la chaleur, les oiseaux ne me sortent totalement du sommeil, le premier projet de tableau en a engendré un autre, son négatif, si l’on peut dire.

Faute de supports appropriés, je n’ai pas pu me mettre au travail tout de suite.  J’ai juste pu chercher des images et j’ai réalisé que pour mon deuxième projet devait beaucoup à d’autres oeuvres de Louise Bourgeois vues il y a Beaubourg à l’occasion de l’exposition elles@centrepompidou.

Des mains par Louise Bourgeois extreme tension louise bourgeois

J’ai du encore attendre l’heure d’ouverture de Sennelier. Enfin, j’ai pu commencer … par la fin comme lorsque je fais un repas ce qui me vaut de ne rien avoir à servir lorsque mes convives arrivent si je suis en retard !