La collection de bouts de ficelle du grand papa : tout un grenier consacré au stockage de fils électriques dont on sa famille ne cessait de parler, mais auxquels personne n’osait toucher, ça raconte beaucoup de choses sur un homme : sa passion pour l’électricité, les cicatrices causées par la guerre 40, une petite (ou grande) propension à être obcessionnel, un caractère dominateur (tendance tyrannique)
J’y pense de temps en temps en jetant des paquets entiers de fils et cables, sédiments de l’histoire électronique de la maison.
Et , quand je pense à mon grand-père, je pense à mon père, le fils adoré, si différent, mais en même temps tellement héritier.
Les légataires les plus gâtés ne sont pas toujours ceux  qui avaient envie de recevoir ou ceux à qui l’on a donné de bonne grà ce ou.
Raymond Magdelaine se sentait obligé d’honorer les petits gâteaux dont le nom ressemblait au sien.
Il offrait à ses petits enfants ravis des madeleines qui n’avaient rien à voir avec les délicieux biscuits dont se régalait Proust.
Toutes petites, plutôt sèches, peu de goût, les madeleines de mon grand-père étaient minimales.
Mais le plaisir qu’elles nous apportaient ne l’était pas.
J’ai pleuré, j’ai été bouleversée.
Puis des amis qui l’avaient faite m’ont raconté la révolution de velours : ces heures sur la place dans le calme à attendre fervents et angoissés. Et puis la chûte du régime, moins bruyante que celle du mur, mais tout aussi significative et les réprouvés du régime qui passaient de l’entretien des chaudières aux ors des ministères…


Dès le XIXème siècle, le défi pour l’agriculture française est de nourrir l’ensemble de la population en voie d’urbanisation galopante. Une nécessité qui va donner lieu, pour « montrer l’exemple» aux agriculteurs, à de multiples concours et comices agricoles, et plus tard, au salon de l’agriculture … cf Jean Luc Mayaud, historien, spécialiste de la ruralité.
La tradition perdure dans certaines bourgades et nous avons cet après-midi découvert avec ravissement les façades décorées, le défilé de chars et de musiques des comices agricoles de Bellegarde. Du kitsch à l’enchanteur.
Servie arrosée d’un franc soleil et accompagnée d’une petite pression, la fête était délectable.
Post en date du 28 août 2005 repêché dans les sauvegardes.
J’avoue, je n’ai jamais lu Lévi-Strauss. L’anthropologie ne m’a jamais intéressée. Aucune curiosité. Rien à faire !
Pourtant, j’entretiens une relation avec Claude Lévi-Strauss depuis des années.
Lorsque j’étais ado, je suis allée chez le brocanteur de Latrecey, le Charles Collard, et j’y ai déniché un beau fauteuil à rayures bleu et or. Le broc était un peu désolé de ne plus avoir que le fauteuil à me vendre, mais madame Lévi-Strauss avait acheté le tabouret associé pour que son éminent mari y pose les pieds.
Le fauteuil me suit depuis plus de trente ans. J’y ai beaucoup lu, j’y ai allaité mes enfants et il a même posé pour un tableau.
Il y a quelques années, le superbe tissu rayé qui le recouvrait a rendu l’âme et quelques années après Monsieur Lévi-Strauss, il a eu, lui aussi, droit à un bel habit fleuri.
J’avais peint un nu assis dans le fauteuil bleu, mais je n’en ai pas de photos. Alors, à la place un nu aux pétales de fleurs et comme j’ai exhumé le post sur Levi-Strauss, j’exhume les haïkus qui vont avec le gros citron :
Lourde de détresse
Son corps est sa forteresse
Sa prison aussi
« Un rayon vert, mais d’un vert merveilleux, d’un vert qu’aucun peintre ne peut obtenir sur sa palette, d’un vert dont la nature, ni dans la teinte si variée des végétaux, ni dans la couleur des mers les plus limpides, n’a jamais reproduit la nuance! S’il y a du vert dans le paradis, ce ne peut être que ce vert-là , qui est, sans doute, le vrai vert de l’espérance.ce Rayon Vert se rapportait à une vieille légende née au pays des Highlands, et qui affirme ceci : c’est que ce rayon a pour vertu de faire que celui qui l’a vu ne peut plus se tromper dans les choses du sentiment; c’est que son apparition détruit illusions et mensonges; c’est que celui qui a été assez heureux pour l’apercevoir une fois, voit clair dans son coeur et dans celui des autres. »
 Jeudi 29 septembre 2005, aux alentours de 20 heures trente, j’ai vu le rayon vert ! Je suis donc désormais clairvoyante. Le rayon sortait vif et acéré de la coupole de l’observatoire et c’est vrai qu’il était d’une couleur très particulière, vert laser !
 J’ai cru qu’il s’agissait d’une entreprise poétique en l’honneur de Jules Verne. Un petit éclair de folie lancé dans le ciel de Paris. Il ne s’agissait que d’une expérience scientifique.
 Mais les expériences scientifiques naissent de l’imagination des hommes et les plus grandes découvertes se font dans les chemins de traverse.

Tombée du lit aux petites heures du matin plusieurs jours de suite, j’ai eu droit à quelques levers de soleil plus superbes les uns que les autres.
Et quelqu’un m’a dit que les plus belles photos de crépuscules sont faites à l’aube.
J’espère qu’il mentait !
Post écrit un été il y a déjà  plusieurs années
Depuis quelques jours, les médias bruissent autour du petit cancer de Johnny.
Et je me souviens de ces remarques du schmurck numéro 1 :
« Johnny Halliday, c’est qui ? »
Puis voyant à quoi ressemblait le quidam
-  Ah, je le connais, il est passé 3 fois à la star ac ».
La roue tourne !
Il a fait partie de la vie du schmurck numéro 1 durant plusieurs années. De la maternelle aux débuts de l’école primaire.
Au début, nous n’avons pas très bien compris de qui il s’agissait. D’autant que notre schmurck ne nous l’a pas présenté comme tel :
- Bonjour, je vous présente James, mon ami imaginaire
Dans ses discours volubiles mais pas toujours très structurés, il arrivait comme Zorro ou Spiderman en renfort au moment le plus critique, mais contrairement à ces homologues célèbres, ce héros n’était pas doté d’une panoplie immarcescible, bien au contraire. James changeait de nationalité, d’âge, de compétences, de talents et même de gabarit en fonction des besoins.
Je trouvais James envahissant mais après qu’il ait disparu de nos vies en catimini, il a fini par me manquer.
Ras le bol des serveuses jeunes et ultralookées des bistrots branchés, vive le tablier en coton, le gilet de laine tricoté main et les charentaises.
Dans le bistrot de mon grand-père, on buvait de la bière, du vin, de la limonade avec ou sans sirop, du blanc cass, de la mirabelle, du sic et quelques autres boissons. Du café, sans doute, mais quel café ?
Pas le moindre souvenir de cafetière et encore moins de percolateur.
Avis à ceux qui fréquentèrent au bon coin, café bar la slavia, Latrecey, Haute-Marne, France, recherche souvenir.