Soleil noir, laid, sec
En guenilles et désolé
Il cache son trésor
Black sun, dry and sad
dressed in rags and bereavement
It hides its treasure
Amusant que ce soit à la fin de l’été où je suis devenue vieille que ce poème me soit venu à l’esprit. Une façon de me réconforter ?
Ailes de soie Lilas
Ce papillon crépuscule
Dit la fin de l’été
Lilac wings flutter
A small twilight butterfly
Whispers Summer’s end
Le haïku est un petit poème japonais qui obéit à des règles très précises.
Il est composé de trois vers de 5, 7 et 5 syllabes.
Il parle du temps qui passe et doit contenir un mot qui évoque les saisons.
Ciel bleu, mer étale
L’immobilité triomphe
Le rêve est sans prise
Blue sky, slack water
Immobility triumphs
No hold for the dream
Dansent les étoiles
De la nébuleuse du tigre
Une formule magique
Magic formula
Drawn by the dancing stars of
Eagle nebula
J’ai relevé le défi : Packed with love, fascinating, sometimes cruel ! Remplie d’amour, passionnante, parfois cruelle !
Derrière moi les songes
Traversé le mur des rêves
C’est fait, je suis vieille

Mathématiques des hirondelles
Dans l’air languissant du printemps,
Les hirondelles à grands coups d’ailes,
Tracent obliques et parallèlles.
Une géométrie de l’instant…
Je les regarde écrire sur le ciel
Des messages grâcieux et secrets
Qui s’évanouissent dans le bleu frais.
Formules magiques ou bagatelles ?
L’image et le poème sont tirés de séries créées pour le printemps
Après avoir été visiter Vaux le Vicomte avec mes garçons, visite que je recommande à toute personne qui veut  concilier culture et détente, j’ai décidé de lire « Fouquet ou le soleil offusqué » de Paul Morand.
Cette lecture était un complément très agréable à ce que j’avais appris lors de ma visite sur la vie de Nicolas Fouquet (reconstituée dans une exposition qui allie différents procédés ludiques et spectaculaires) et comment la construction de ce superbe château précipita sa perte.
J’y ai trouvé notamment une description superbe de l’arrivée de la cour de Louis XIV à la superbe fête d’inauguration, cette fête  qui ulcéra le roi et lui fit décider la perte de l’insolent écureuil :
Puis le déchargement de toute cette cour rissolée, dans l’affairement des valets et des pages, de tout cet étalage de rubans, canons, aiguillettes, vertugadins et la presse de ces personnages considérables dans leurs énormes rabats de dentelle cousus au col et leurs cravates de batiste passées dans le sixième bouton du justaucorps, mourant d’envie d’ôter leur rhingrave et leur perruque posée sur un matelas de toile, tandis que les dames, en robe jusqu’à terre, fanfreluchées et frisées à quatre mèches gonflées de crêpés, dressaient leurs têtes coiffées de velours noir d’où sortaient les boucles tire-bouchonnées. Épaules ornées de galants et pieds pattus s’ébrouaient devant le perron stupéfaits par « cette maison qui élève la tête », par la fortune dont elle était l’image.
La collection de bouts de ficelle du grand papa : tout un grenier consacré au stockage de fils électriques dont on sa famille ne cessait de parler, mais auxquels personne n’osait toucher, ça raconte beaucoup de choses sur un homme : sa passion pour l’électricité, les cicatrices causées par la guerre 40, une petite (ou grande) propension à être obcessionnel, un caractère dominateur (tendance tyrannique)
J’y pense de temps en temps en jetant des paquets entiers de fils et cables, sédiments de l’histoire électronique de la maison.
Et , quand je pense à mon grand-père, je pense à mon père, le fils adoré, si différent, mais en même temps tellement héritier.
Les légataires les plus gâtés ne sont pas toujours ceux  qui avaient envie de recevoir ou ceux à qui l’on a donné de bonne grà ce ou.