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Lire : Paul Morand, Fouquet ou le soleil offusqué. Histoire de la chute annoncée d’un écureuil qui faisait de l’ombre au soleil.

01/02/2010 admin 2 commentaires

Après avoir été visiter Vaux le Vicomte avec mes garçons, visite que je recommande à toute personne qui veut  concilier culture et détente, j’ai décidé de lire « Fouquet ou le soleil offusqué » de Paul Morand.

Cette lecture était un complément très agréable à ce que j’avais appris lors de ma visite sur la vie de Nicolas Fouquet (reconstituée dans une exposition qui allie différents procédés ludiques et spectaculaires) et comment la construction de ce superbe château précipita sa perte.

J’y ai trouvé notamment une description superbe de l’arrivée de la cour de Louis XIV à la superbe fête d’inauguration, cette fête  qui ulcéra le roi et lui fit décider la perte de l’insolent écureuil :

Puis le déchargement de toute cette cour rissolée, dans l’affairement des valets et des pages, de tout cet étalage de rubans, canons, aiguillettes, vertugadins et la presse de ces personnages considérables dans leurs énormes rabats de dentelle cousus au col et leurs cravates de batiste passées dans le sixième bouton du justaucorps, mourant d’envie d’ôter leur rhingrave et leur perruque posée sur un matelas de toile, tandis que les dames, en robe jusqu’à terre, fanfreluchées et frisées à quatre mèches gonflées de crêpés, dressaient leurs têtes coiffées de velours noir d’où sortaient les boucles tire-bouchonnées. Épaules ornées de galants et pieds pattus s’ébrouaient devant le perron stupéfaits par « cette maison qui élève la tête », par la fortune dont elle était l’image.


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Un petit livre délicieux et grave : Le remplaçant d’Agnès Desarthe

22/01/2010 admin 4 commentaires

Un petit livre en apparence léger sur son grand-père et, en filigrane,  le livre qu’elle dit avoir voulu écrire sans y arriver alors qu’elle y est parvenu sans l’ombre d »un doute : le portrait de Janusz Korczak, directeur de l’orphelinat du ghetto de Varsovie,  en quelques traits à peine esquissés et beaucoup de plages vides qui laissent deviner.

Un livre qui ne parle que de l’essentiel : la survie, le sens de la vie, la dignité d’homme  en se donnant l’air de ne raconter presque que des anecdotes amusantes et légères. Un livre qui rappelle que le pire a eu lieu et que des hommes sont parvenu à l’éclairer.

Un livre à lire absolument.

Et qui rappelle un autre livre extraordinaire  : le dernier des justes d’André Schwarz-Bart.

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Un petit livre délicieux et léger : Anna Gavalda, l’échappée belle

22/01/2010 admin 2 commentaires

J’y ai reconnu des choses de mon enfance, une certaine magie et aussi des choses de l’enfance de mes enfants : cette aptitude à se construire un monde étranger à celui des adultes.  Et ce qui reste de cette enfance dans nos vies.

Une lecture comme une eau de toilette légère et fraîche mais dont le parfum s’évapore vite.

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Marie, anagramme d’aimer

17/12/2009 admin 4 commentaires

marieMon roman préféré de l’automne : La Vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint . Un livre d’amour lorsqu’il est chair, sang, passion, danger. L’amour intranquille.

Dans une langue directe, crue parfois, d’un lyrisme acéré, clinique et incandescent, le narrateur nous avoue que Marie est le nom absolu de la femme, le nom de la femme absolue, le nom de la femme que l’on aime pour toujours.

Je ne suis pas seule à avoir apprécié, il a obtenu pour ce livre le prix Décembre. Et, pour le plaisir une superbe description :

 « J’apercevais au loin les profils enténébrés du grand à-pic rocheux qui longeait la côte, avec ses versants torturés, qui tombaient dans le mer comme les pans pétrifiés d’une robe de collection de Marie, avec ses drapés tourmentés, ses plissés, ses feuilletés, ses arêtes verticales et ses bouillonnés rocheux façonnés par le vent et écorchés par la tempête. J’entendais la mer gronder en contrebas, noire, immense, houleuse, qui bouillonnait sur place dans des fureurs d’écume, et je fonçais droit devant moi le long des côtes déchiquetées, en emportant dans mon sillage ce cortège de robes fantomatiques en roches volcaniques, des robes couleur lave ou magma, qui mariaient les ténèbres du basalte aux roches métamorphiques, mêlaient des granites et des porphyres, des ophiolites, des cipolins et des calcaires, des paillettes de mica et des veines d’obsidienne. »

Non, il n’y a pas plein de descriptions dans le livre. Mais celle-ci me fait craquer.

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