Ravel, Jean Echenoz, à propos des signatures, une page que j’adore

La plupart des autres constitent en stylisations plus ou moins heureuses et compliquées d’un patronyme, leurs auteurs s’en donnant à coeur joie comme s’ils voyaient là, pour une fois dans leur vie, une occasion enfin donnée de faire l’artiste. Le plus souvent dissuasives de tout espoir de lisibilité, elles consistent en interminables paraphes ornés de boucles, arabesques, spirales, allers-retours, virages en tout sens comme des patineurs sur glace ivres morts, relevés de mystérieux poins et traits à ce point sophistiqués qu’il est non seulement impossible de décrypter les noms qu’elles sont supposées incarner, mais parfois même d’établir dans quel sens elles ont été tracées, dans quel mouvement l’auteur a commencé sa petite oeuvre pour la mener à son terme.

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