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La nuit blanche et le bête de truc

nuit blancheVendredi soir, nous sommes arrivés un peu tard à la campagne. Pierre avait emmené un ami. C’était le premier soir des vacances de Pâques. Les enfants étaient excités et nous fatigués. Nous sommes allés nous coucher avant eux.

Le lendemain, je me suis levée à 8 heures et j’ai trouvé François endormi dans un fauteuil sous la véranda. Il a changé plusieurs fois de position tout en continuant de dormir. J’ai essayé de comprendre ce qu’il faisait là. Autant parler à une bûche.

Lorsque son père s’est levé. Il m’a dit « c’est curieux, je suis passé à 7 heures et il n’était pas là ».

L’enfant a fini par ouvrir un oeil et nous l’avons renvoyé se coucher.

J’ai fini par aller le réveiller à l’heure du goûter et j’ai obtenu l’explication. Un défi : faire une nuit blanche. Un seul vainqueur, le plus jeune qui est tombé endormi dans le fauteuilt sur le chemin entre la salle de jeux des enfants et sa chambrel. Et il a précisé avec sérieux :

– Et ils ont eu tort parce que moi, ce matin, j’ai vu un bête de truc !

– T’as vu quoi ?

– Tous les oiseaux se sont mis à chanter. Et puis le ciel qui était noir est devenu clair mais pas d’un seul coup.

Un petit prince qui fait de jolis rêves après avoir admiré sa première aurore

sommeil

Et parce que oui, l’aube, c’est beau :

Le noir transpercé
Puis le rose terrassant le gris
Belle clameur de l’aube

Black stabbed by the light
And pink triumphing over grey
Great clamor of dawn

Aube rose sur le Léman

 

Je suis mariée à une pomme de terre…

Je l’ai appris il y a deux jours.

Mon homme rentre de voyage. Il est revenu en train de Bruxelles. Dans le train, derrière lui,  une maman et son petit garçon. Un petit garçon bavard et qui remarque tout à coup la calvitie distinguée de mon chéri.
– Oh Maman, le Monsieur on dirait une pomme de terre.
– Chut, on ne dis pas ça !
– Mais si regarde, on dirait une pomme de terre !
– Tais-toi, voyons !
– Ben regarde !
– Enfin, arrête, ça ne se fait pas de parler comme ça des gens.
– Mais le Monsieur !
– Arrête ou je ne t’emmènerai pas au musée.
– Mais enfin, c’est pas un gros mot, pomme de terre !

En tout cas, la patate est revenue et nous a raconté l’histoire en se marrant bien et a déclaré :
– Il avait raison, vu de derrière, on dirait un peu une pomme de terre ma tête.

Moi je trouve pas, mais je ne suis pas un petit garçon de 4 ans !

Ecrit dans le livre de sciences…

Depuis des années, nous répétons au schmurck numéro 2 que manger un peu plus lui ferait du bien. Depuis des années, il ne nous écoute pas. Et aujourd’hui à l’heure du goûter, il m’a déclaré sur un ton péremptoire :
– Ca ne va pas du tout, je suis trop léger !
– Qui te l’a dit ?
– C’est écrit dans mon livre de sciences. Faut faire quelque chose !
– Ben oui, faut faire ce que nous te disons depuis des années manger un peu plus.

Et là, regard noir, plutôt incrédule. Pour qu’il me croit vraiment, il faudrait aussi que ce soit écrit dans le livre de sciences : si vous êtes trop menu, mangez un peu plus que trois fois rien !

Indignation illégitime

Notre petit dernier est revenu la mine basse de l’école vendredi dernier. Il a été puni.  Sa voisine Ninon chantonnait et çà l’énervait. Il lui a demandé de cesser. Elle a continué. Et il l’a insulté  et l’a traitée de sa..pe. Euh, pas très élégant.

Comme notre petit dernier a recommencé depuis plusieurs semaines à jouer les gentils anars à l’école et perturbe très régulièrement la classe,  il n’a bénéficié d’aucune indulgence : 20 lignes.

Et il a râlé. Contre Ninon, bien sûr dont c’était la faute.

Contre la maîtresse aussi. Certes, il trouvait normal d’avoir été puni. Conscient d’avoir proféré une injure inacceptable. Mais il trouvait insultant qu’elle lui ait fait écrire le terme gros mots pour qualifier son adjectif :
– Ça fait bébé. Elle exagère. Elle me respecte pas !

Sos élastiques à votre service

Pierre, 12 ans, arbore au poignet un élastique en guise de bracelet. La jolie Lili, 24 ans, grande soeur, l’interroge sur cette nouvelle mode dont elle n’a pas eu vent. Il répond sur le ton de l’évidence :
– C’est pour les filles !
– Pour leur plaire.
– Non, pour les dépanner. Elles ont toujours besoin d’un élastique.
– T’as raison, c’est pas bête comme moyen de te faire bien voir d’elles.

Intervention du petit, presque 11 ans, autoproclamé expert en coiffure féminine
– Vaudrais mieux porter un chouchou. Les filles mettent des chouchous.

Reprise d’autorité de la jolie Lili, fashion addict comme toutes les filles de sa génération
– Ah, non, Karl Lagerfeld a dit que le chouchou c’était totalement ringard !

Plus je plonge dans le 2.0, plus Lily mac Bread plonge dans le protocole

notaireHier en fin d’après-midi, après avoir passé ma journée à discuter web 2.0 pour préparer le café des usages avec des djeuns qui ont l’âge d’être mes enfants et me donnent l’impression de dater du néolithique, je suis rentrée à la maison où j’ai retrouvé avec bonheur mon chéri qui a le bon goût d’être né quelques années avant moi.

Mon répit fût de courte durée. J’avais des invités, un jeune couple d’ amis de la jolie Lili. Emma veut faire du planning stratégique et finit sa maîtrise, Vincent travaille dans une agence web et souhaitait venir discuter avec moi de la quatorzaine des réseaux sociaux. Heureusement, miss Lili, notairesse stagiaire, s’était jointe au duo.

Et notre conversation qui allait de la com aux geekeries a été coupée de délicieuses pauses où notre exploratrice des mondes du passé nous croquait avec sa verve habituelle l’univers désuet de l’étude dans laquelle elle évolue avec  une certaine délectation. Ma joyeuse épicurienne se métamorphose aux heures ouvrées en notairesse compassée,  attachée aux formules rituelles, alambiquées et patinées par les ans ainsi qu’à une certaine étiquette.

– Ah, non, si je laissais faire mon client, on se tutoierait !
– C’est dingue, je lui envoie un mail et je termine par  » veuillez agréer, cher Monsieur, l’expression de ma considération respectueuse et tu sais ce qu’il met comme formule pour me répondre ?
– Non. Cordialement comme tout le monde ?
– Même pas, il termine par cdt. Cdt, tu te rends compte !

Ptdr !

Ps : le client trop décontracté de la formule a 60 ans et la notairesse stagiaire tout juste 24.

Vendredi sera rose fluo ou noir charbon

Personnages : sc1, 12 ans, son frère de dix ans et demi sc2, le père, la mère et un copain de sc1, lieu : le loft

durerdeschidadoLe schmurck numéro 1 n’est pas un tiède. Il a fait sa déclaration aujourd’hui à Milena sous forme d’une lettre discrètement posée devant elle en permanence.  Et en fonction de la réaction de la belle, demain après-midi nous verrons rentrér un amoureux de Peynet flottant sur un petit nuage de béatitude ou un deschidado nervalien, veuf, ténébreux, inconsolé au luth portant le soleil noir de la mélancolie.

Afin de savoir si nous devions nous préparer au pire, nous avons posé quelques questions. Auxquelles il a répondu avec empressement. Parler de ses amours a manifestement plus d’importance que les vivre à douze ans tout juste.

– Et alors, elle a pris ta lettre, elle ne l’a pas lue ?
– Non, elle l’avait pas vue. Elle l’a vue juste avant de sortir et elle l’a mise dans sa poche.

Le schmurck numéro 2 n’a pas notre réserve. Il demande des détails :
– T’as écrit quoi dans ta lettre ?
– You are in my heart, I love you
– Ben t’as du faire des fautes, ça va pas le faire !

Il se fait houspiller pour interventionnisme négatif et mal venu de la part de quelqu’un qui, après de multipes voyages en Angleterre, ateliers, jeux et stages sait à peine dix mots dans la langue de Shakespeare.

Sc1 : – Non, j’ai pas fait de fautes, j’ai utilisé des scotchs avec les phrases dessus.

La mère : – T’as rien écrit de personnel ?
– Si, mais j’ai bien fait attention.  
– Et t’as pas vue si elle était contente ?
– Non, mais elle a pas montré la lettre à ses copines.

Sc2 : –  Elle a l’air gentille comme fille. Y en a plein qui l’auraient montrée à leurs copines. Les filles elles sont pas toutes sympas.

Sc1, s’adressant à son copain : – Oui, parce que François, son amoureuse Alexandra.
Les parents en choeur : – C’est pas tes affaires !
Sc2 : – De toute façon, je la kiffe plus

A suivre…

Allo maman bobo, les 12 ans du schmurck numéro 2

pierre

Je travaillais paisiblement lorsque le téléphone m’a interrompu :
– Ici le collège, Pierre ne va pas très bien. Il a mal au ventre.

Mal au ventre, le mode inquiétude se débranche aussitôt.

– C’est son anniversaire aujourd’hui, je crois que ça l’énerve.
– Il est très fatigué. Quelqu’un peut venir le chercher.

Je suis donc allée chercher mon fils qui a douze ans depuis les petites heures de ce matin.

Après un interrogatoire rapide, nous avons pu établir un diagnostic. Enervé à l’idée de ces 12 ans imminents et de la xbox 360 modèle elite qui va avec, notre bombe humaine dort très peu depuis plusieurs jours. Sans compter qu’il a récemment changé de vocation. Il ne veut plus devenir cuisinier mais prof de sport. Et, comme nous n’avons pas affaire à un tiède, il s’agite dans tous les sens depuis quinze jours.

Comme les 2 autres garçons de la famille, Pierre tient à  illustrer chacun cette vérité paradoxale : ce n’est pas parce qu’hystérie vient du grec utérus qu’il en faut un pour être hystérique.

Des goûts et des couleurs

Pas moyen d’importer dans mon blog tout repeint de neuf mes vieux billets. Le fichier de  sauvegarde est trop gros ! J’ai bien compris le message que m’envoient les dieux de l’internet. Trop de blablas. Grosse opération de tri en cours.

Mais ça, je ne jette pas, un peu de philosophie sur l’amour par le schmurck numéro 2 en  mai 2007  :

« Tous les genres de garçons peuvent rendre amoureuses des filles, même les merdeux »

Totalement Lynette Scavo

Les schmurcks ne sont que deux, mais ils brassent autant d’air, font autant de bruit et de bêises que le quatuor de la plus débordée des desesperate housewives.

La jolie Lili, assistée de son petit ami, de deux baby-sitters talentueuses et de quelques copains a veillé sur le « terrific duo » pendant la semaine que nous avons passée à Montréal.

A notre retour, nous avons entendu un gros ouf et il m’ a été posé une question vu que, comme Lynette, je tiens le rôle de l’infanterie et que la cavalerie arrive souvent après la bataille :
– Ils sont épuisants, ils n’arrêtent jamais. Comment fais-tu pour tenir le coup ?

Pour commencer, je n’ai pas trop le choix. Je les ai voulus, je ne me vois pas les rendre. Sans compter qu’ils ont un charme fou, mes turbulents. Et puis, je ne suis pas une jeune maman, je me sens obligée d’assurer.